Quatre expositions entre histoire, art et mode à découvrir en 2026-2027
Quelles expositions voir entre l’automne 2026 et le printemps 2027 ? Luxe Magazine a retenu quatre rendez-vous qui font dialoguer histoire, art contemporain et mode, de Marly à Paris en passant par Nîmes. Quatre univers très différents, mais un même goût pour la mise en scène, le corps et la transformation.
Jeanne du Barry, derrière la légende
L’invention très maîtrisée d’une favorite
Affiche de l’exposition « Jeanne Du Barry, l’invention d’une favorite », présentée au musée du Domaine royal de Marly du 16 octobre 2026 au 28 février 2027. Elle reprend le portrait Madame du Barry en Flore de François-Hubert Drouais, où la favorite de Louis XV apparaît couronnée de roses. - © Musée du Domaine royal de Marly
Dernière favorite de Louis XV, Jeanne du Barry a longtemps été prisonnière d’une image de courtisane frivole façonnée par ses détracteurs. Le Musée du Domaine royal de Marly préfère regarder derrière la légende noire et retrouver Jeanne Bécu : une femme née hors des codes de la société aristocratique, devenue comtesse, collectionneuse, commanditaire et figure majeure de la vie artistique de son époque. Près de 150 œuvres et objets retracent cette ascension singulière.
Tout, ou presque, passe alors par la représentation : portraits, mobilier, objets d’art, vêtements et décors construisent l’image d’une femme parfaitement consciente de ce que l’apparence peut produire à la cour. Son goût l’amène auprès de Fragonard, Pajou ou Greuze, tandis que le pavillon de musique de Louveciennes, conçu par Claude-Nicolas Ledoux, reste l’un des témoignages les plus raffinés de son univers.
Le parcours réserve quelques pièces particulièrement éloquentes : le buste en marbre réalisé par Augustin Pajou en 1773, La Cruche cassée de Greuze ou encore des objets de son service personnel.
Et puisque la postérité aime parfois ajouter une dernière couche à l’histoire, une robe Chanel dessinée par Virginie Viard pour Maïwenn dans le film Jeanne du Barry rappelle combien le personnage continue d’inspirer la mode et le cinéma.
Du 16 octobre 2026 au 28 février 2027
Musée du Domaine royal de Marly, 1 Grille Royale, Parc de Marly, 78160 Marly-le-Roi.
Tarif exposition : 12 € ; tarif réduit : 7 €.
Giacometti et Olivia Rosenthal : une forêt humaine
Sortir du bois, entre solitude et instinct collectif
Avec Sortir du bois, Olivia Rosenthal entre dans l’univers de Giacometti par un détour inattendu : la forêt.Dans Études d’homme qui marche, femmes debout sur socle, bustes d’homme de face et de profil (vers 1959), Alberto Giacometti esquisse des figures humaines fragiles et élancées, au cœur de l’exposition Sortir du bois avec Olivia Rosenthal, présentée à l’Institut Giacometti du 11 novembre 2026 au 21 février 2027. - © Institut Giacometti © Succession Alberto Giacometti / ADAGP
L’écrivaine, dramaturge et performeuse imagine les silhouettes du sculpteur comme les membres d’un même peuple. Une vaste plateforme réunit une cinquantaine de sculptures de toutes dimensions, de la figurine minuscule aux grandes figures filiformes, dans une scénographie où les corps semblent pousser comme des arbres.
L’intuition trouve ses racines dans les Grisons, région natale de Giacometti. Le sculpteur associait volontiers les hauts troncs des forêts suisses aux silhouettes humaines ; Rosenthal pousse cette correspondance jusqu’à envisager l’ensemble comme une communauté fragile, une tribu prise dans son propre biotope. Homme qui marche II, Grande femme IV et les Femmes de Venise deviennent ainsi les protagonistes silencieux d’un même paysage.
L’expérience se prolonge par une création sonore d’Eryck Abecassis, où le texte de Rosenthal se mêle aux projections d’images. Dans le Cabinet d’art graphique, un nuage de dessins au stylo-bille — essentiellement des têtes — forme une foule plus intime encore, dont les regards semblent suivre le visiteur.
Une autre manière d’aborder la sculpture contemporaine, à rapprocher de Daniel Brush à l’École des Arts Joailliers, où matière, sculpture et lumière se rencontrent. Cet article Luxe Magazine a été publié en juin 2026.
Du 11 novembre 2026 au 21 février 2027
Institut Giacometti, 5 rue Victor-Schœlcher, 75014 Paris.
Marie-Ange Guilleminot : l’art dans l’intervalle
Quand le corps, l’objet et le public ne font plus qu’un
L’Oursin organza (2014) de Marie-Ange Guilleminot, sculpture manipulable de 3,70 mètres de diamètre en super organza, fil nylon et plume, activée lors d’une performance au temple Kanga-An à Kyoto. L’œuvre figure dans l’exposition MA, l’espace qui relie, au Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes, du 7 novembre 2026 au 14 mars 2027. © Marie-Ange Guilleminot ADAGP & Michel-Ange Seretti. - © Carré d'Art - Nîmes
Au Carré d’Art de Nîmes, Marie-Ange Guilleminot invite à regarder ce qui se passe entre les choses.
Le titre, MA, l’espace qui relie, emprunte à la pensée japonaise cette notion d’intervalle : le silence entre deux sons, la pause entre deux gestes, l’espace entre deux formes. Non pas un vide à combler, mais une respiration.
Depuis les années 1980, l’artiste place précisément le corps, le toucher et la transformation au cœur de son travail. Un objet n’est jamais condamné à rester ce qu’il était : chapeau, vêtement, tissu ou meuble deviennent supports d’expériences où le public n’est plus simple spectateur.
Son célèbre Chapeauvie, ses robes réalisées sur mesure, L’Oursin organza ou Le Hamac en dentelle brouillent ainsi les frontières entre sculpture, vêtement, performance et objet quotidien. Le « je » de l’artiste, le « vous » du visiteur et l’œuvre forment un trio volontairement instable.
Sculpture, installation, vidéo, dessin et performance composent cette rétrospective consacrée à plus de quatre décennies de création. Une exposition qui ne demande pas seulement à être regardée : elle réclame presque d’être éprouvée.
Du 7 novembre 2026 au 14 mars 2027
Carré d’Art – Musée d’art contemporain, Place de la Maison Carrée, 30000 Nîmes.
Look ! Quarante ans de mode au musée
Du croquis aux réserves, les deux vies du vêtement
Valentino Garavani pour Valentino Couture, ensemble du soir — robe Empire en crêpe de soie rose, bustier drapé et cape en organza rose brodée de pétales —, haute couture automne-hiver 2007-2008, modèle 170. Présenté dans l’exposition Look ! 40 ans de mode au musée, au Musée des Arts Décoratifs à Paris, du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027. © Les Arts Décoratifs / Jean Tholance. - © MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
Quarante ans, cela mérite bien quelques beaux habits.
En 1986 naissait au sein du Musée des Arts décoratifs le Musée des Arts de la Mode. Pour célébrer cet anniversaire, le MAD ne se contente pas d’aligner les chefs-d’œuvre : Look ! 40 ans de mode au musée suit la double existence du vêtement, de sa conception en atelier jusqu’à son entrée dans les collections patrimoniales.
Croquis, patrons, moodboards, échantillons textiles, broderies, photographies et savoir-faire racontent d’abord la naissance d’une silhouette. Le visiteur découvre ensuite l’envers moins visible de la mode : acquisition, documentation, mise en réserve, restauration et mannequinage.
Dans la nef, quarante silhouettes emblématiques retracent quatre décennies d’expositions et rappellent combien le musée a participé à faire entrer la mode dans le patrimoine culturel. Madeleine Vionnet, Chanel, Schiaparelli, Yohji Yamamoto et bien d’autres se succèdent comme autant de chapitres d’une histoire où le vêtement devient parfois sculpture.
Le sujet prolonge naturellement la rétrospective Gianni Versace au Musée Maillol découverte par Luxe Magazine en 2026, autre démonstration spectaculaire de la manière dont la mode a définitivement conquis les salles des musées.
Du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027
Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris.
Quatre expositions, un même jeu sur l’apparence
Du portrait de cour au vêtement devenu œuvre
À première vue, peu de choses rapprochent Jeanne du Barry, Giacometti, Marie-Ange Guilleminot et les quarante années de mode du MAD.Et pourtant, toutes ces expositions interrogent à leur manière ce que le corps donne à voir. Celui que Jeanne du Barry façonne pour conquérir la cour ; celui, filiforme, que Giacometti réduit presque à sa présence essentielle ; celui que Guilleminot habille, transforme ou met en relation ; celui enfin que la mode construit avant que le musée ne le fige pour mieux le transmettre.
Quatre façons, finalement, de rappeler que l’apparence est rarement superficielle.
Fiche pratique
AdresseMusée du Domaine royal de Marly : 1 Grille Royale, Parc de Marly, 78160 Marly-le-Roi.
Institut Giacometti : 5 rue Victor-Schœlcher, 75014 Paris.
Carré d’Art : Place de la Maison Carrée, 30000 Nîmes.
Musée des Arts décoratifs : 107 rue de Rivoli, 75001 Paris.
Accès
Consulter les sites officiels des établissements pour les itinéraires et conditions d’accès actualisés.
Horaires
Variables selon les établissements.
Tarif
Jeanne du Barry : 12 €, tarif réduit 7 €. Les autres tarifs sont à vérifier au moment de la réservation.
Réservation
Réservation recommandée directement auprès des musées concernés.
Bon à savoir
Les dates ont été vérifiées le 23 septembre 2026 sur les sites officiels et dans les documents de presse. Pour Look !, la date correcte d’ouverture est bien le 30 septembre 2026 ; pour Jeanne du Barry, la fermeture est annoncée au 28 février 2027
Septembre 2026
Par Luxe Magazine




