Nonno Nino, une Italie de transmission au cœur du 17ᵉ arrondissement

Au pied du métro Wagram, Nonno Nino cultive une Italie sincère, portée par Kevin Negro, originaire de Lecce. Luxe Magazine s’est attardé dans cette adresse de quartier où la reconversion d’un passionné devient une table vivante, inspirée par les recettes de sa grand-mère et le goût du fait maison.

Une reconversion guidée par la mémoire des Pouilles

De Lecce à Paris, un parcours choisi

Vue de la salle du restaurant avec une banquette sombre, des tables en bois dressées et une enseigne néon bleue  Nonno Nino  sur le mur.
L'intérieur chaleureux de Nonno Nino près du métro Wagram, où le néon bleu emblématique souligne une atmosphère de quartier conviviale. - © Nonno Nino

Il faut descendre à Wagram, marcher quelques pas, et pousser la porte sans idée préconçue. La salle est en longueur, simple, sans effet décoratif superflu. On s’y installe sans protocole, dans une atmosphère qui privilégie la table plus que la mise en scène.
Kevin Negro, originaire de Lecce dans les Pouilles, a ouvert Nonno Nino en 2019 après une reconversion assumée. Plus qu’un projet entrepreneurial, c’est un retour à une mémoire personnelle. Il évoque sa grand-mère comme celle qui lui a transmis le goût du fait maison, des sauces mijotées lentement et des recettes familiales que l’on ajuste sans jamais les trahir.

La transmission comme fil conducteur

Une grande partie des plats proposés s’inspire de cet héritage. La carte évolue au rythme des saisons et reste fidèle à une cuisine italienne classique, sans démonstration technique inutile. On sent une volonté de sincérité plutôt que de sophistication.

À table, une Italie franche et sans apprêt

Pâtes fraîches et classiques transalpins

Risotto crémeux parsemé d'artichauts frits, de persil plat et de copeaux de poutargue sur une assiette décorée.
Le risotto aux artichauts et poutargue, une proposition délicate qui s'inscrit dans la carte saisonnière de Kevin Negro. - © Nonno Nino

Les pâtes sont préparées sur place et servies al dente, avec cette résistance subtile sous la dent qui rappelle les tables du sud. La cuisine revendique des recettes italiennes traditionnelles, exécutées avec application.
Dans le même esprit de cuisine italienne vivante à Paris, Gloria Osteria Paris propose une autre lecture des grands classiques transalpins, dans un registre plus méditerranéen.

Des assiettes sincères, parfois inégales

Trois croquettes de cabillaud dorées servies sur un lit de feuilles vertes avec un ramequin de sauce tomate rouge au centre.
Les croquettes de cabillaud croustillantes, servies avec une sauce tomate légèrement pimentée pour une entrée équilibrée. - © Nonno Nino
Une assiette de maccheroni à la sauce tomate, garnie de morceaux de guanciale, de fromage émietté et d'une feuille de basilic.
Les maccheroni à l'amatriciana, une recette généreuse enrichie d'effilochée de bœuf, fidèle aux traditions transalpines. - © Nonno Nino

Les croquettes de cabillaud, accompagnées d’une sauce tomate légèrement pimentée, offrent une entrée intéressante, équilibrée entre croustillant et fraîcheur.
Le risotto aux artichauts et poutargue laisse une impression plus mesurée : la poutargue manque de présence et l’ensemble gagnerait à être plus affirmé.
Les maccheroni amatriciana, enrichis d’une effilochée de bœuf, restent corrects, généreux sans excès.

Un tiramisu qui marque le repas

Une portion généreuse de tiramisu saupoudrée de cacao, montrant les couches de biscuits imbibés et de crème mascarpone.
Le tiramisu maison, moment le plus abouti du repas, évoquant avec tendresse les recettes familiales de la "nonna". - © Nonno Nino

Le tiramisu s’impose comme le moment le plus abouti du dîner. Moelleux, tendre, enveloppant, il évoque davantage un dessert familial qu’une construction pâtissière sophistiquée. C’est sans doute là que l’on perçoit le plus clairement la transmission revendiquée par le chef.

Vins italiens et prolongement œnologique

La sélection de vins italiens accompagne honnêtement l’ensemble. Celui dégusté ce soir-là s’est révélé goûteux, cohérent avec les plats choisis.
Pour prolonger cette découverte de l’Italie à travers ses terroirs viticoles, SignorVino Paris explore, lui aussi, la richesse œnologique de la Botte au cœur de la capitale.

Un restaurant de quartier aux prix mesurés

Formules accessibles dans le 17ᵉ arrondissement

Les entrées et plats à la carte oscillent entre 18 € et 35 €.
Le soir, une formule entrée-plat est proposée à 32 €, et un plat-dessert à 30 €.
Le midi, le plat du jour est affiché à 16 €, avec des formules entrée-plat ou plat-dessert à 20 €, et un menu complet à 24 €.

Terrasse fleurie et ambiance sans chichi

La terrasse, lorsqu’elle est ouverte, permet de prolonger le moment autour d’un Spritz, d’une burrata des Pouilles ou de pâtes à la truffe servies avec stracciatella et truffe fraîche râpée à table. L’ambiance reste simple, conviviale, fidèle à l’idée d’un restaurant italien de quartier.

Ouvert tous les jours, au déjeuner comme au dîner, Nonno Nino ne cherche pas à impressionner. Il s’inscrit dans une logique de transmission Une Italie intime, discrètement installée au pied du métro Wagram, dans le 17ᵉ arrondissement.
Mars 2026
Par Katya PELLEGRINO
Mon avis :
Un restaurant sans prétention, l'équivalent d'une petite trattoria en Italie, où l'on peut goûter à une cuisine maison, sans chichis.